L'aller-vers n'est pas nouveau — les animateurs de rue existaient dès la fin des années 90. Mais c'est après le Covid que cette démarche a pris toute sa réalité. Les structures ont constaté une déconnexion croissante : jeunes, personnes âgées isolées, commerçants — tout le monde s'était renfermé. Attendre que les gens viennent ne suffisait plus.
À Parkour 59, l'aller-vers est devenu un programme structuré, porté par un médiateur de proximité (Djamel Kerrouche), qui agit quotidiennement sur les quatre quartiers est de Roubaix.
- Jeunes — en rupture institutionnelle, désœuvrés, méfiants. Premier contact informel, sans agenda.
- Habitants — personnes âgées isolées, familles, commerçants. Écoute des problématiques du quotidien (bruit, travaux, propreté, éclairage).
- Partenaires — comité de quartier, Mission Locale, centres sociaux, clubs de prévention. Construction de dynamiques collectives.
Mon rôle c'est d'aller au contact des jeunes et leur proposer des activités. Lorsqu'ils se reconnaissent dans l'activité sportive, il y a un début de confiance. Après quelques semaines, parfois quelques mois, on peut efficacement travailler sur le projet professionnel.
— Djamel Kerrouche, médiateur de proximité, Parkour 59
La séquence invariable : confiance → activité sportive → insertion sociale → insertion professionnelle. Ces deux étapes sont bien dissociées et ne peuvent pas être inversées. Brûler les étapes ne fonctionne pas.